is a researcher at Fafo
with a regional specialization in Haiti and a focus on youth and marginalisation in conflict and post-conflict areas. She holds an MA in Peace and Conflict Studies from the University of Oslo.
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Ketty Luzincourt is Chief Executive Officer and founder of the Haitian Institute of Peace which focuses on strengthening learning and research on conflict resolution and peace studies. Her research areas include alternative dispute resolution, intrastate conflicts and the role of education in exa...
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Politique politicienne: une perception de la jeunesse haïtienne
Henriette Lunde
, Ketty Luzincourt
, 23 January 2011
Résumé
Le 28 novembre 2010, dix mois après le tremblement de terre dévastateur qui atteint la capitale et sa région, les élections présidentielles et législatives ont eu lieu. Mis à part les défis logistiques et techniques de telles élections, les conclusions d’une étude faite en Juillet 2010 par les auteurs, Lunde et Luzincourt, indiquent que le vrai défi est la légitimité de la politique per se
chez les Haïtiens, et en particulier chez les jeunes. Une série de groupes de discussions a été formée avec des jeunes gens de diverses classes socio-économiques, et de différents niveaux éducatifs, dans trois villes ainsi que dans des zones rurales.
Au fil des échanges, il est vite devenu clair que les participants perçoivent la politique en Haïti comme un jeu « sale » et s’attendent à ce que les politiciens soient corrompus et exercent le pouvoir grâce à leur influence plutôt qu’à leurs mérites. Peu d’entre eux pensaient qu’il était possible de rester « propre » dans l’actuel système basé sur les élites. Bien qu’ils soient nombreux à vouloir influencer le futur d’Haïti à travers des actions politiques, sans indépendance financière il est difficile de concevoir comment la jeunesse qui ne provient pas de l’élite puisse devenir une force politique autonome en opposition. En absence d’un forum où ils puissent exprimer leur opinion, ils risquent de se tourner vers la violence.
Malgré l’image très sombre que décrivent les participants, le fait qu’ils reconnaissent les modèles dysfonctionnels et les structures qui maintiennent le statu quo
laisse à penser qu’ils ont les capacités de devenir des agents de changement social et politique. Même si ces changements doivent venir de l’intérieur, la communauté internationale devrait reconnaître le potentiel de ce nouveau groupe d’intellectuels comme étant une force sociale positive et donc les doter de supports économique, social et technique. La question de savoir quelle est la meilleure façon de leur donner l’espace autonome indispensable pour déchaîner leur potentiel constructif, devrait être au cœur des priorités de ces prochaines années.
Versión en anglais ici
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